Devenir parents c'est prendre des décisions (et c'est pas toujours facile)

17 Nov 2017

Cet article me tient particulièrement à cœur parce que nous sommes en plein dedans. Devoir prendre une décision pour son bébé sans pouvoir le consulter... C'est tout nouveau pour nous, et si, lui trouver un prénom a été un plaisir sans pareil, décider pour lui de voir tel ou tel médecin, pédiatre, ostéopathe, kinésithérapeute, neuropédiatre, c'est une autre histoire. Et pourtant c'est toujours la sienne, d'histoire, qu'on écrit avec lui. 

Là, vous lisez ces quelques lignes d'introduction et vous vous dites "Oh les pauvres, leur bébé a un problème de santé". Alors je vous rassure tout de suite, notre bébé a "simplement" la tête plate.

 

Mais malheureusement ce n'est pas si simple.

 

La naissance de notre fils a été un plutôt violente et donc un peu traumatique forcément. Il est né par voie basse avec l'aide des spatules et d'une ventouse,parce qu'il s'est retrouvé bloqué dans sa descente et a mis des heures à sortir de là. 

 

Ce type de naissance est à haut risque. Le bébé étant déjà engagé dans le bassin, il est impossible de pratiquer une césarienne et l'accouchement bascule ainsi en quelques minutes dans L'URGENCE.

En l'espace d'un instant vous n'êtes plus 4 mais 6 dans la pièce ( 2 sages-femmes (good cop/bad cop), 1 puéricultrice, 1 gynécologue, 1 papa et 1 maman). Bon, après beaucoup de cris de peur et d'angoisse, on y est arrivé, tous ensemble parce que sans mes deux sages-femmes je n'aurais pas pu pousser si fort, sans l'amoureux j'aurais tout simplement basculé dans le côté obscur de la force et sans le gynécologue qui a fait de la place, guidé et aspiré bébé, ben on y serait encore. 

 

La seconde d'après, votre bel amour est en peau à peau contre vous et vous oubliez tout. C'est magique, c'est planant, c'est merveilleux. On l'embrasse, on le caresse, on rigole en découvrant ses premières mimiques. On tombe éperdument amoureux.

 

Il a un peu de sang sur sa tête, mais heureusement, c'est le mien. Il a un bonnet pour qu'il reste bien au chaud. Et sous ce bonnet une bosse ! Une gigantesque bosse ! On appelle ça, un hématome céphalique. C'est vraiment très impressionnant. On nous dit qu'il n'a pas mal et les sages-femmes me glissent à l'oreille de consulter une ostéopathe rapidement. On s'exécute et à 7 jours de vie, bébé fait sa première séance d'ostéo. Puis à ses 3 semaines et puis toutes les semaines.

 

Notre bébé est grand, il mesurait à la naissance 53 cm et pesait 3,360 kg. Il manquait de place dans mon ventre, comme beaucoup de bébé au bon gabarit (ou en siège par exemple). Il a eu un torticolis non décelé à la maternité et par sa pédiatre. Nous, comme des cons, on se disait qu'il adorait regarder les vinyles sur le mur.

 

[Pauvres parents débutants ! Un bébé à quelques jours, quelques semaines, ne voit pas les couleurs, les détails. Il n'était donc pas fasciné par les vinyles...]

 

En fait, il était tout simplement coincé d'un côté.

 

Pour l'aider au maximum, je demande sur les conseils de notre ostéopathe des séances de kiné à notre médecin traitant (sa pédiatre était en vacances). On fait 12 séances et on continue l'ostéo. Il dort du côté de sa bosse, qui a fini après plusieurs mois par se résorber. Conclusion, il est aplati de l'autre côté. Forcément n’importe qui à sa place n'aurait pas dormi des heures durant sur un hématome... Soit disant pas douloureux ?!

 

Malgré toutes nos précautions, notre bébé a, à 3 mois et demi, une plagiocéphalie (un côté aplati) et une brachycéphalie (l'arrière de la tête aplati). J'en parle à sa pédiatre et elle m'affirme que si il avait vraiment eu un torticolis (pour de vrai quoi) elle l'aurait vu immédiatement... Du coup, du haut de sa suffisance, elle se contente d'inscrire dans son carnet de santé "plagiocéphalie banale". Elle m'assure que ça va se remettre tout seul avec la croissance et que personne n'a la tête vraiment ronde.

 

 

[Alors d'une part j'ai porté les cheveux très courts et j'ai le crâne parfaitement rond !! D'autre part les médecins autoritaires qui se sentent obligés d'infantiliser les "jeunes" parents, je ne peux tout simplement pas les encadrer. Bref, elle est comme 90% des pédiatres en France qui pensent que tous les ostéopathes mangent des graines et rêvent d'habiter dans le Vercors.]

 

Bon, je suis vraiment très embêtée... J'ai très envie d'une relation de confiance avec le ou la pédiatre de notre bébé. Moi-même, j'ai vu ma pédiatre le plus longtemps possible tellement j'avais confiance en elle (secret inavouable : jusqu'à mes 18 ans révolus). J'en discute avec l'amoureux et d'un commun accord on change de pédiatre sur recommandation de notre médecin traitant (qui lui, nous a tout de suite inspiré confiance. Sinon c'est un cercle vicieux, n'est ce pas?)

 

Ils sont diamétralement opposés. La première ne voulait pas qu'on lui donne de l'eau (ben oui gros nuls, dans un biberon il y a 90% d'eau), le second trouve ça très con comme raisonnement et pense qu'il est bon d'habituer l'enfant à boire de l'eau pure pour le plaisir de s'hydrater. (Surtout quand il fait chaud. On habite un peu dans le sud de la France quand même.)

 

La première prescrit des pansements anesthésiants avant un vaccin, l'autre dit que ça ne présente aucun intérêt et que c'est juste pour rassurer les parents. 

 

Enfin, la première répond au texto lorsque l'on a une question, le second a un aquarium dans sa salle d'attente, a remarqué tout de suite que la tête de notre bébé penche un peu sur le côté (doux souvenir de ce torticolis qui n'a soit disant jamais existé !) et surtout il nous recommande de continuer la kiné et l'ostéo de temps en temps parce qu'oh mazette, figurez-vous qu'il aime bien les ostéopathes. 

 

Alors voilà on a pris la décision de changer de pédiatre.

 

Maintenant, nous nous apprêtons à prendre la plus grande décision jusqu'alors pour notre petit loup sans pouvoir lui demander son avis... Un décision qui nous coûte beaucoup au sens propre comme au figuré. Qui fera l'objet d'un prochain article pour informer un maximum de parents sur la tête plate. Parce que OUI, malheureusement, ce n'est vraiment pas si simple.

 

 

Le regard de l'amoureux sur ce récit plus vrai que nature :

 

Petit conseil aux pédiatres : toujours prendre au sérieux les questions des primo-parents, elles sont toujours légitimes. Ce qui est habituel pour vous (parce que vous avez vu déjà 15 gosses dans la journée et potentiellement 30 parents avec les mêmes interrogations/inquiétudes) ne l'est pas forcément pour nous (oui, dans primo-parents il y a primo, notion importante). Votre savoir et votre expérience ne sont pas là pour vous aider à nous prendre pour des cons mais pour soigner nos enfants et nous guider face à ces petits ou gros bobos, nuance. 

 

 

 

 

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